Vente

par Luc

Je ne vous ai pas encore parlé de commerce, composante pourtant essentielle de notre métier.
Nous avons la chance (pas seulement la chance d’ailleurs, c’est aussi et surtout un travail de chaque instant) de vendre la totalité de notre production au Domaine et en bouteilles.

En ce moment a Saint-Gall (suisse allemande) a lieu l’OLMA, foire suisse de l’agriculture. Je n’y ai jamais été, ne me demandez pas de précisions, mais en gros, c’est l’expression de la Suisse agricole et du repli sur soi…. (opinion toute personnelle, je crois que c’est la première sur ce blog, ne m’en voulez pas trop :-) )
L’an passé, suite à une demande de notre office de promotion, mon collègue Josef (pourquoi lui d’abord? ;-) ) présentait nos vins à ce salon. Ce fut un succès inespéré. Cette année, on prend les mêmes et on recommence, et les premières nouvelles de ces lointaines contrées sont très bonnes.

Tout va donc pour le mieux? Pas tout à fait.
Car la gestion d’un stock de vin, couplée à la vente aux clients privés, aux restaurateurs, et aux visiteurs de salon n’est pas si simple. Il est nécessaire de jongler en permanence entre nos intérêts et ceux de nos clients. Certains vins peuvent, doivent, n’être disponibles que quelques mois par année. Evidemment, il s’agit des produits à plus haute valeur ajoutée! (ce qui est rare est cher). D’autres vins doivent être disponible en permanence, tout en suivant les millésimes. Et l’intérêt du restaurateur n’est pas celui du client fidèle, ni celui du touriste de passage. Délicate alchimie de contenter tout les types d’acheteurs avec des vins de qualité, de bon, très bon(!), trop bon(?) rapport qualité/prix.
Pour en revenir à l’OLMA, on ne va pas faire les délicats, ce qui est vendu est vendu. Mais le vin livré en Suisse-allemande n’est plus disponible ici. Et le suivi de ces clients lointains est beaucoup plus difficile. Nous jouons beaucoup sur le cadre magnifique et l’image du Domaine, et pour cela il est important que nos clients passent physiquement à la cave.

Insuffisamment de suivi de la clientèle, un marketing quasi-inexistant, des « coups » trop ponctuels, et jamais assez de vin pour satisfaire les amateurs. De quoi se plaint-il?? Je ne me plains pas une seconde, notre situation est bonne, et beaucoup de collègues se verraient volontiers à notre place.
Simplement, nous avons un problème de prix de la bouteille peu élevé, de frais de production important. La qualité se paie, à la vigne comme à la cave. Tant que les prix de nos vins (ainsi que ceux des vignerons de la région, le problème est le même pour tout ceux qui travaillent bien) sont bas, nos produits manquent de visibilité et de « classe », les amateurs plus ou moins éclairés ne sont pas attirés.
Il va nous falloir réfléchir pour améliorer cette image de petit vin suisse. Et venir taper à la porte des grands…!

Bien, je me relis, et il me semble que je me suis lâché ce soir! Difficile, la pratique du blog, entre discours institutionnel et réflexion personnelle. Certains vignerons-blogueurs que je lis avec plaisir se laissent aller, d’autres gardent une distance certaine avec leurs idées. Je préfère les premiers cités, il faut aussi que je joue le jeu…

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