Lecture professionnelle (professionnelle, vraiment?)
C’est toujours plein d’intérêt de lire la presse magazine professionnelle. Ce mois, dans la revue française « La Vigne », j’ai écarquillé les yeux plus d’une fois. Je ne connais pas assez ce journal pour connaître qui se trouve derrière, et pour qui il roule. Mais je n’ai pas le sentiment de faire le même métier en lisant certaines choses.
Cela commence par une photo de vendanges, ou l’on voit un brantard vider le raisin dans la remorque. Mon estimation perso: 60% de grappes pourries! Et le tri à la vigne?
Je continue avec la nouvelle mention obligatoire sur les bouteilles. Je vous mets l’image, ce sera plus compréhensible!!
Pauvres collègues français, qu’avez vous fait pour accepter une chose pareille?? J’aime la vigne et le vin, car c’est un métier plein de noblesse, noblesse de la nature, noblesse du bon produit, noblesse de l’esthète, du gourmet. Nos bouteilles sont destinées à des amateurs, des connaisseurs, des amoureux de la vie. Quel est le message de cette image de femme enceinte, porteuse de vie et d’amour, forcément alcoolisée? Qu’avez vous comme dirigeants, chers collègues?
Je passe rapidement sur l’autorisation des copeaux de chêne pour « boiser » les vins. Et je ne dis pas bravo!
Je m’arrête sur un sujet qui me tient à coeur. Un grand professeur de viticulture bordelais, A.C., déplore qu’il ne soit pas possible de planter à moins de 4000 pieds/hectare. Cela correspond à une charge en raisins par ceps 2,5 fois plus élevée que celle que nous pratiquons, ce qui signifie 15 ou 20 grappes par souches. Je dois être très nul, mais à mon sens moins il y a de grappes par souches, plus la concentration et la qualité seront présentes…
On passe au BIB (ou bag-in-box), sachet plastique de 5 ou 10 litres, remplis de vin et enfermé dans un carton. Cela vaut un dossier complet de plusieurs pages. Et certains pensent améliorer l’image des vins et leur avenir de cette façon??
Je reviendrais sur un article concernant les fermetures à vis. Ce système est couramment utilisé en Suisse depuis longtemps, nous l’utilisons sur une partie de nos vins. Cela nécessitera un billet un de ces jours.
Je termine avec une problématique qui me laisse souvent pantois. Comme il se trouve qu’un de mes assidus lecteurs (merci à lui
) est vigneron dans cette région, il aura peut-être un avis à donner. L’interprofession champenoise demande une augmentation des rendements à 15500 kg/ha. Si, si, vous avez bien lu. 1,55kg au m2! Quid de la qualité? Bien sûr, la commercialisation des Champagnes est très dynamique, mais un Chardonnay à 1.5 kg donne quel résultat??
Sinon, au Domaine, les vinifications suivent leurs cours, j’ai commencé le prétaillage, et je prends des renseignements sur un éventuel futur enjambeur… (Thierry, je sais que tu me lis…)
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