C’est reparti
Après les fêtes, après le passage en 2007, il faut remettre l’ouvrage sur le métier.
Le personnel est encore en vacances pour une semaine, on fait donc ce qu’il serait convenu d’appeler des « journées de patron »
. Pas trop vite le matin, et tranquillement l’après-midi…. Il n’empêche, pour les mauvaises langues (et il y en a, j’en vois un là , oui là ), que la première journée de l’année s’est passée à la cave. Au menu, soutirage et assemblage des barriques de Merlot et de Gamaret après leurs 2ème fermentation. Le soutirage est l’action de vider les barriques par pompage à l’aide d’une canne, puis le vin est transvasé dans une cuve et chuté pour lui faire perdre son gaz carbonique (CO2 issu de la fermentation). Pendant ce temps, les barriques ont été nettoyées à l’eau.
Jusqu’à présent, ces dernières se trouvaient dans un local chauffé afin de terminer leur FML (fermentation malo-lactique). Nous avons profité de ce soutirage pour installer les barriques propres dans une autre partie de l’exploitation, dans laquelle la température n’est que de quelques degrés. Ainsi, le tartre encore contenu dans le vin va se transformer en cristaux, et par gravité va précipiter au fond des barriques. Ne restera plus qu’à effectuer une préfiltration dans 6-8 semaines, et l’élevage va se poursuivre jusqu’au mois de septembre.
Enfin, je vais un peu vite en besogne, car le vin assemblé se trouve actuellement dans une cuve, et devrait rejoindre (si on se lève
) les barriques demain.
Comme il me fallait quelques bras costauds pour ce travail, et comme les employés sont au ski, chez eux, en Nouvelle-Calédonie …. (belle vie, non?!), j’ai du faire avec les moyens du bord. Les moyens en question se reconnaitront!!
A la fin de la semaine passée, j’ai eu la visite inopinée d’un charmant couple venant d’une région viticole française. Ils sont prestataires de service en viticulture et employent 8 personnes à l’année. Le prestataire (très peu courant chez nous) propose d’effectuer une partie des travaux viticoles pour des vignerons à court de main d’oeuvre. La discussion fut intéressante à tous points de vue. Ce couple désire s’établir en Suisse, entre autre afin de fuir les taxes et un fisc bien gourmand. Ce qui m’a évidemment rappelé un épisode de la vie franco-française en passe de devenir célèbre, un fameux rocker belgo-franco-suisse. Vous voyez? D’ailleurs, à ce propos, je suis obligé de vous envoyer lire cet excellent (comme d’habitude) billet de H. Bizeul. Une précision à ce sujet: d’après la presse helvétique, notre rocker aurait convenu d’un forfait fiscal de 300’000 CHF pour s’établir dans nos Alpes, alors que le fisc français lui réclamait 6’000’000 CHF. Evidemment, ça fait réfléchir!
Mon sympathique couple et sa petite affaire de prestation de service n’a sans doute pas les mêmes revenus! N’empêche qu’il voulait aussi prendre leur part du gâteau. Et j’ai du faire mon oiseau de mauvais augure, et leur apprendre que même en Suisse, ils poussent bien du raisin sur les vignes et non pas des billets de banque! Curieuse façon de toujours voir notre pays sous un angle uniquement doré. Bien sûr, loin de moi de me plaindre, la vie en Suisse est bien plus douce que dans d’innombrables pays. Mais nos employés travaillent 48 heures par semaine, les loyers correspondent à ceux du centre de Londres, l’assurance-maladie obligatoire est terriblement élevée et les impôts (à part ceux de Johnny et de quelques autres) sont costauds aussi. Bref, je ne suis pas certain qu’après une heure de discussion, la Suisse ait trouvé un nouveau contribuable!
Allez, c’est long ce soir, trop long. On reparlera de ça.
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