Bonjour!

Bienvenue sur ce blog relatant les actualité viti-vinicoles du Domaine du Château du Crest dans le canton de Genève.

Interruption momentanée des programmes….

par Luc Dubouloz

Une méchante attaque m’a laissé sans voix depuis quelques jours. Le site a été victime de phishing, et il y a maintenant un peu de travail pour remettre en route :-(
C’est d’ailleurs pas encore au top, voyez mes pauvres lettres accentuées….
Je m’accroche et je remets tout ce bazar en ordre.

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Résultats d’essais et discussion.

par Luc Dubouloz

J’ai reçu les résultats d’un essai de décharge en vert (ou vendanges vertes, ou dégrappage, cochez ce qui vous plait), essai menés sur le Domaine l’été passé par un collaborateur d’AgriGenève, avec un suivi de la Station cantonale de viticulture. Cet essai effectué à ma demande devait tenter d’y voir plus clair sur une pratique culturale que je pratique depuis 2 années. Décharger (enlever des grappes de raisin) avant fleur, à fin mai. En effet, historiquement ce travail est prévu au stade « grappes fermées » juste avant la véraison.
Mon idée, reprise je l’accorde bien volontiers des pratiques de la bio-dynamie, est de baisser la productivité future de la plante. Le fait de décharger avant l’induction florale devrait (?) calmer et équilibrer la souche. A ce propos, si un vigneron bio-dynamique ou un chercheur lit ces lignes, j’attends avec impatience son opinion.
Depuis plus de 20 ans nos vignobles sont largement déchargés chaque millésime, et on peut sans souci appliquer le dicton: « Qui coupe, coupera! ». Je rajoute: Qui coupe augmente année après année la vigueur du vignoble, lequel produit toujours plus de fruits, lesquels sont toujours plus mis à terre, et le cercle vicieux se met en place. Pour combattre ces vigueurs excessives, pas d’engrais, pas de désherbage en plein, retour à l’enherbement dans le rang, cisaillage plus long. Mais le cycle ne freine que très lentement! Juste pour donner une idée, imaginez une parcelle plantée d’Aligoté, sur laquelle nous avons supprimer les 3/4 des grappes présentes… Une nécessité qualitative, une hérésie viticole. Avant décharge, l’estimation était de … 3 kg/m2.

Un peu fatigué de tourner en rond, j’ai volontiers participé à cet essai. Je vous pose le résumé (en PowerPoint) ICI.
Ce que j’en retire? Une certaine déception sur les résultats organoleptiques des raisins ainsi que pour le poids plus élevés des baies dans les variantes déchargées précocement. Nous recommencerons cet essai en 2007, sur les mêmes lignes de vignes, afin de voir si un suivi plusieurs années de cette technique peut à terme, équilibrer les plants.
Et si des professionnels veulent apporter leurs avis et leurs expériences, ils sont les bienvenus dans les commentaires ;-) .

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Préfiltration

par Luc Dubouloz

Aujourd’hui, deuxième journée de préfiltration sur les 2006. Les blancs, à l’exception des vins en barriques, sont terminés, suite demain avec le rosé de Pinot et le rosé de Gamay.
Pour une fois que j’avais pensé à l’appareil photo, je vais vous la faire didactique…
D’abord, pour une préfiltration réussie, il faut du vin. Ca tombe bien, il y en a quelques litres à la cave. ;-)
Ensuite il est fortement conseillé de posséder un filtre. Là , les affaires se corsent car le choix de système de filtration est grand. Pour faire simple, on relèvera 3 familles: les filtres à terre, à plaque, et tangentiels. Je laisse volontairement de côté les filtres tangentiels, trop encombrants et surtout prévu pour de grands volumes d’encavage. De plus, n’ayant jamais travaillé avec ce système, je laisse le soin de l’explication à un utilisateur. Il nous reste donc 2 techniques de filtration et je vais tenter de vous donner mon avis sur leurs avantages et inconvénients.
Les filtres dit « Ã terre » nécessitent soit des plaques creuses placées horizontalement sur lesquelles on place des toiles en tissus, soit des disques verticaux en inox percés de minuscules trous. L’idée est de créer une « précouche » de terre (plus exactement de la poudre de diatomées -voir ici-), puis de faire passer le vin, enrichi de la dite poudre, dans le filtre. Cette « terre » filtrante va débarrasser le vin de ces impûretés, essentiellement des lies en suspension, jusqu’à « colmatage » du filtre. Les filtres horizontaux sont difficile à nettoyer, l’avantage est qu’ils peuvent être utilisés pour filtrer les bourbes. Les verticaux ont pour avantages un nettoyage aisé, une automatisation de la distribution de terre, mais le gros problème sont les pompes centrifuges dont il sont équipés, pompe faisant subir les derniers outrages au vin. Nous n’utilisons plus ce matériel depuis quelques années, pour des motifs qualitatifs.
Le filtre à plaque tire son nom de sa principale composante: des plaques :-) ! Des plateaux en matière synthétique, entre lesquels nous plaçons des plaques de cellulose (de différentes porosités selon le résultat escompté). Le vin, entraîné par une pompe à membranes, doit traverser les plaques avant de ressortir du filtre. Je vous ai mis 2-3 photos un peu plus bas, comme d’habitude cela sera plus parlant que mes explications alambiquées…;-) Les avantages: respect du produit, nettoyage aisé. L’inconvénient sera à chercher du côté du coût des plaques, très élevé.
Une fois le choix du matériel effectué, il y a encore quelques soucis… Nous profitons des préfiltrations pour assembler nos différents vins. Cela évite de reprendre le vin à la pompe, sachant que chaque pompage est traumatisant pour notre délicat produit. Mais cela nécessite beaucoup de cuverie vide, heureusement que ce millésime est court en volume! Et à chaque cuve filtrée et donc vidée, un grand nettoyage au Kär**** (pas de pub, mais comme le voisin prétendant aux plus hautes charges…) s’impose. Opération facilitée suite à l’achat d’une tête de nettoyage, nous évitant le sauna dans la cuve.
Résultat des opérations: Nos blancs, volontairement laissés sur leurs lies depuis la fermentation alcoolique, n’ont pas passés très facilement… J’espère (j’en suis sûr) que les rouges, déjà soutirés, passeront mieux.
Comme promis, les photos:

Une dernière chose: Milles bravos à Olif pour son succès au WineBlogTrophy. Ultra, super mérité. Bravo.

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Taille toujours.

par Luc Dubouloz

La taille avance vite, même très vite ces derniers jours. D’abord grâce au temps clément dont nous sommes gratifiés, puis avec les efforts conjugués de toute l’équipe soutenue par deux nouveaux arrivants. Cela va nous permettre de dégager plus de temps pour les préfiltrations et les premières mises de 2006. Le vignoble est taillé en « Guyot simple », système traditionnel dans notre région, et je vais tenter de vous expliquer à quoi cela ressemble: Une précision pour commencer, ce système est dit « Ã taille longue », il est communément utilisé pour les cépages peu fructifères sur les yeux de base (Le Pinot Noir, par ex.) Les vignes taillées en Guyot doivent nécessairement être palissées, ce qui signifie la mise en place de piquets (un toutes les sept « barbues ») (la barbue est le nom local du jeune plant) et la pose de 4 fils: Le premier fil simple, dit « porteur », soutenant le bois plié à 50-60 cm du sol, les seconds fils doubles pour maintenir la végétation, le dernier fil posé à 125 cm du sol. Mon cher lecteur attentif va me dire qu’un fil simple en haut ne peut pas retenir la végétation, je le félicite pour l’attention qu’il porte à ces écrits… Car il y a une ruse! Le palissage est renforcé en saison par deux ficelles posées de par et d’autre de la ligne, permettant de relever aisément les bois lorsque cette opération est effectuée au bon moment. La base de la taille est de supprimer le bois palissé l’année précédente (bois ayant porté les 4 sarments ayant eux mêmes portés 1 grappe) pour le remplacer par une nouvelle baguette. Afin d’assurer le suivi pour les prochaines années, on garde un « courson » taillé à 2 yeux permettant de répéter la taille les années prochaines. Je sais, ce n’est pas très clair… Malgré mes recherches avec l’ami Google, je n’ai pas trouvé grand chose expliquant la taille de façon pédagogique. A noter que je suis un peu plus cultivé depuis hier… J’ai appris ce qu’est un Padawan (comment cela se prononce d’ailleurs?). J’ai une excuse, je ne suis pas très branché StarWars… Merci Maître Jedi ;-)

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Pourquoi arrive t’il toujours à écrire ce que je suis incapable de mettre en mots? ;-)

par Luc Dubouloz

Voilà un titre de billet pouvant concourir au Championnat des plus longs titres. Je me suis dit, accroche le lecteur mon p’tit, accroche le! Car il faut lire ce qui suit, ou plus exactement il faut suivre ce lien pour lire le toujours incroyable Hervé Bizeul. Je connais ce vigneron du Roussillon uniquement par son blog et par la dégustation de certains de ses vins. Il a le don de me vexer au plus haut point chaque fois qu’il commet un nouveau billet, ces derniers réunissant tout ce que je voudrais pouvoir écrire ici. Une bonne dose d’humour, ce juste-ce-qu’il-faut d’ironie (et/ou de mesquinerie), une solide connaissance de notre métier, une certaine sagesse, et un don (est-ce un don? ou cela s’apprend t’il?) d’écriture. Bref, je me délecte de chacun de ses billets, espérant secrètement pouvoir en écrire des pareilles dans 20 ou 30 ans ;-) . Je vous la fait à la Bizeul: Cher Hervé, si (tu) vous me lisez, vous commencez à m’em******!! :-) ) Tout en me délectant à la lecture de son dernier mot, je n’ai quand même pas aimé à sa juste valeur le passage sur les vignerons-blogueurs. Je cite, ouvrons les guillemets: « Volontairement, je m’étais dit que j’allais laisser justement à ceux qui n’ont pas ma facilité d’écriture le soin de raconter le quotidien du vigneron, de mettre en scène avec quelques photos et deux ou trois mots toute la richesse de notre métier. Mais voilà bientôt deux ans que je m’astreins à laisser de la place libre et je ne vois rien venir. (…) Y’a t’il encore des vignerons qui croient en leur métier et veulent faire partager leur passion ? » Et là , je me permet, mon cher Hervé, de faire entendre ma voix, de taper sur mon clavier pour vous dire que oui, il y a des vignerons fiers de leur travail, essayant maladroitement de partager sur leur blog les journées passées à la vigne, à la cave ou à la commercialisation (ou au ski, aussi. Je sais ;-) ) C’est drôle, j’ai eu au téléphone hier matin un collègue vigneron, qui n’est d’ailleurs pas seulement un collègue, qui n’est d’ailleurs pas seulement un ami, qui est d’ailleurs mon beauf :-) (Basile, je sais que tu me lis…), lequel m’a félicité, merci vieux, pour mes billets viticoles. Sa seule remarque négative était de se demander à quoi cela pouvait bien servir de prendre du temps pour raconter ma vie sur Internet. Et là je rejoins, comme d’habitude, ce cher Hervé. Tout se fera sur le Net dans les prochaines années. TOUT. Y compris la mise en valeur de nos vins, cela passant pour l’instant à travers la lecture de nos blogs par nos clients et autres amis du vin. Cher Hervé, merci pour vos billets, leur lecture m’a d’abord donné l’envie de tenir ce blog, il me reste maintenant à soigner l’écriture. 30 ans, ça passe vite… ;-) Hier soir j’ai animé une visite de cave, en prolongement d’un « cocktail dînatoire » se déroulant dans notre salle de réception. Une centaine de jeunes cadres d’un établissement bancaire, de diverses nationalités. Grosse ambiance, orchestre mexicain, ils avaient une petite soif nos jeunes cadres… Ce fut une autre facette de la communication. Avec le Net et ses billets virtuels, il y a aussi une place pour la rencontre au fond de la cave, des explications sur les travaux nécessaires (« vous ne faites rien en hiver?! ») et des réalités à faire comprendre (« du vin suisse? en Suisse? c’est buvable?). Une facette complémentaire aux blogs de vignerons. Le virtuel et le réel réunis. On continue!

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