(Mode d’) emploi.
Cela fait quelques jours que je pense à ce billet. Il est nécessaire de le lire avec les précautions d’usage, billet un peu polémique, un peu désabusé.
Précaution supplémentaire, l’affaire n’est pas encore faite et je ne veux pas blesser inutilement certain. Du recul, cher lecteur, du recul!
Tout commence par une recherche de candidats suite à la démission d’une employée. La haute saison approche, le temps joue contre nous, il est nécessaire de trouver rapidement du personnel. Après discussion interne, je décide de passer une offre sur « vitijob« , site spécialisé pour les candidats à la recherche d’un emploi dans le secteur viticole. Mon idée, en recherchant en France, est de trouver un vigneron plein d’idées, expérimenté, capable de se responsabiliser, et prêt à prendre quelques risques en quittant sa région d’origine et en apportant son expérience. Nous offrons de bonnes conditions de travail et c’est très confiant que je publie l’annonce. A ce point du récit, je précise que les conditions salariales proposées sont exactement celles données aux possesseurs d’un passeport à croix blanche…, soit plus du double du salaire minimum en vigueur en France.
La 1ère phase dépasse mes espérances: Les candidatures embouteillent rapidement le logiciel de messagerie. Je laisse passer une semaine pour permettre à chacun de réagir, puis j’effectue un premier tri. Adieu le spécialiste en cimenterie et l’ingénieur nucléaire (si, si, j’ai lu ça), adieu les cavistes (précision sur le terme caviste; en Suisse, il s’agit d’un professionnel des travaux de cave, en France on parle d’un marchand de vin dans une échoppe), adieu les oenologues possédant des diplômes long comme le bras. Je recherche un vigneron! Evidemment, la totalité des candidatures non retenues reçoivent une réponse de notre part.
Vignerons? Voilà une espèce en voie d’extinction, ou pire déjà disparue!! Mais où sont-ils??
Pour finir, je pré-réponds positivement à une série de candidats, insistant sur les points « négatifs » du travail en Helvétie comme l’obligation de signer une assurance-maladie privée ou la durée de travail hebdomadaire, désirant éviter à certains d’effectuer un long voyage pour s’apercevoir trop tard que le poste proposé demande quelques efforts.
Et que s’est il alors passé? Presque rien. Voilà une série de vignerons en recherche d’emploi, auxquels je réponds rapidement, poliment, précisément, et rien ne se passe. Je vais être clair, 80% des personnes retenues n’ont simplement pas donner signe de vie. Avant que j’aie pu leur donner une idée du salaire proposé.
Pour quels motifs? Trop d’heures? Changement de pays? Raisons familiales? Beaucoup de bonnes raisons pour ne pas s’intéresser au poste, mais alors pourquoi faire acte de candidature??
N’empêche que j’étais bien content quand même, un candidat m’a appelé, a apprécié ma façon de lui présenter le travail chez nous, et a pris rendez-vous pour une interview. Super, je me réjouis. Euh, non, j’ai reçu un mail ce soir: il vient de trouver un emploi dans le secteur. C’est le 5ème qui me répond ça! Ca embauche dur en ce moment………..
Comprenons nous bien. Un billet désabusé, oui, mais en aucun cas une attaque contre tel ou tel. Simplement des façons différentes de voir la vie professionnelle. Actuellement je cherche à comprendre le système français car mon statut de double-national me permettra de voter le 22 avril. Et il est très intéressant de comparer nos systèmes.
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Jour après jour 1 commentaire »





30 juin 2007 à 12:05
Le vigneron expérimenté que vous recherchez a certainement déjà son exploitation ou une bonne place en France… pourquoi ne pas tenter l’oenologue ou le BTS viticulture Oenologie motivé avec une petite expérience ? car le système français de formation est ainsi fait… des connaissances certes mais peu de pratique…