Prescripteur, marketing et commerce

par Luc

Suite à la charmante visite du technicien-commercial d’une maison de produits phytosanitaires, par ailleurs lecteur de ce blog (preuve que l’homme a du goût ;-) ), je reviens quelques semaines en arrière pour vous conter la journée passée en terre vaudoise à l’invitation de la sus-mentionnée entreprise. Une multinationale helvétique, dont le nom commence par S et se termine par yngenta…
J’avais failli me lancer dans la composition d’un billet suite à cette journée, et j’avais dû trouver une tâche plus passionnante… J’ai promis à M.P. de repenser à ma copie, on y va. (Et cela fera un peu de matière sur ce blog bien délaissé)

Ainsi j’ai reçu une invitation pour une journée « d’information » sur un nouveau produit luttant contre le mildiou. Toujours content de profiter de m’informer, j’ai donné une suite favorable et me suis retrouvé, accompagné par plusieurs dizaines de collègues romands, au magnifique château d’Aigle.
Là, j’ai reçu une magistrale leçon de marketing et de professionnalisme commercial. Pas trace de la traditionnelle façon d’accueillir des agriculteurs (fussent-ils vignerons) sans soigner les détails, en leurs lançant quelques informations mi-techniques mi-drôle sur le ton complaisant de ceux qui savent à l’attention de ceux qui ne savent pas ou si peu, pas de banquet fleurant bon le terroir et la franche camaraderie bourrue et campagnarde (j’allais écrire bouseuse…), pas de casquettes offertes en remerciements avancés des futurs achats.
Bref, rien de ce qui fait l’essentiel de ce genre d’invitation à l’attention des gentils paysans pas très malin.

J’ai assisté, assez médusé, à une séance menée par un animateur-journaliste TV (bon d’accord, de la télé suisse-allemande, c’est une faute de goût :-) ), mêlant les boss du secteur agro de l’entreprise, des intervenants scientifiques, des praticiens. Tout cela pour nous encourager vivement à utiliser leurs produits (c’est leur boulot, non?).
Déjà là, cette séance n’avait rien à voir avec ce qu’il faut endurer habituellement, personne ne baillait ou s’endormait.
Les interventions, courtes, étaient ponctuées d’animations avec en guest star le cuisinier Ivo Adam (ouais, encore un suisse-allemand…), champion du monde de cuisine (…?). Ou l’art de tenir en haleine une salle remplie d’individus de sexe masculin, penchant plutôt du coté je-mets-les-pieds-sous-la-table avec des histoires d’épluchures et de cuisson de patates! Chapeau!
Le reste de la journée fût à l’envi, en lieu et place du banquet champêtre (j’allais écrire de culs-terreux…) nous avons déguster un cocktail dînatoire fort réussi.

Que mon cher lecteur se rassure, je n’ai pas d’actions dans cette société. J’ai réellement apprécié cette journée mais mon sens critique ne m’a pas abandonné. J’ai simplement assisté à une séance magnifiquement marketée, mise sur pieds par une grande entreprise parfaitement au fait de la communication. Et si j’ai utilisé le terme « prescripteur » dans mon titre, c’est que c’était là le but ultime de cette invitation, preuve en est que je viens de passer une heure à vous la décrire! CQFD!

N’empêche que j’ai apprécié qu’on nous prenne pour des pros, et que cela soit organisé par des pros. Voilà. (Tu repasses quand tu veux au Domaine mon cher M.P. Et prends des casquettes, des fois que… ;-) ))

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