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Le Domaine du Château du Crest, c'est:
-Une équipe de vignerons et de caviste sous la conduite de Luc Dubouloz:
  • Frédéric Gasne
  • Vanessa Béné
  • Guillaume Vergain (apprenti)
  • Clément Bijou (stagiaire)
-Un secteur commercial dirigé par Gabriel Béné
-L'administration et l'accueil téléphonique sous la houlette de Josef Meyer:
  • Marie-Thérèse de Giuli
  • Marie Schaller
C'est également un important secteur agricole essentiellement tourné vers les grandes cultures, une entreprise de travaux des espaces verts ainsi qu'un commerce de céréales, dirigé par Josef Meyer et Dominic Walter. De 4 à 7 employés les assistent.
  • Olivier Poencet
  • Marc-Henri Mathieu
  • Léo Meier
  • Raphaël Audifax
  • Jan Zwolenick
  • Joachim Betrix (apprenti)
Le Team

Histoire

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Le château a été bâti aux alentours de 1220 sur les terres de l’évêque de Genève, alors seigneur de la région genevoise. Il sert de demeure à un vassal de ce dignitaire ecclésiastique qui possédait le droit d’arrêter et de garder en prison des justiciables. Toutefois, les condamnations relevaient du pouvoir épiscopal. Plusieurs familles se succédèrent à la tête de ce fief qui comprend également des terres alentours. Furent propriétaires: les de Compeys, les de Compesières, et les de Rovorée.

Avec l’arrivée de la Réforme, les relations s’enveniment entre Genève, la Rome protestante, et la Savoie catholique. Le château du Crest se retrouve en plein milieu du conflit et son châtelain prend parti contre la doctrine de Calvin. Dès 1536, l’autorité de l’évêque cède sa place à celle de la République. Le seigneur du Crest, Michel de Blonay, affirme son indépendance et refuse de prêter l’hommage à ceux qu’on nomme les Messieurs de Genève, soit les dirigeants de la cité voisine. Il s’ensuit de longs procès qui durent plusieurs décennies.

Entre la ville réformée soutenue par Berne et la Savoie catholique, le conflit s’aggrave et la guerre éclate en 1589. Elle durera jusqu’en 1603, où après avoir subi la retentissante défaite de l’Escalade, le duc de Savoie reconnaît l’indépendance de Genève au traité de St-Julien. Le château du Crest est pris par les troupes calvinistes en 1590. Ces dernières le détruisent, car elles ne peuvent y entreposer une garnison et craignent de laisser cette place-forte aux mains des Savoyards.

Avec la fin des combats contre la Savoie, Genève devient un lieu de rassemblement pour de nombreux huguenots français. L’un de ces réfugiés se porte acquéreur des ruines du Crest. Il s’agit de Théodore Agrippa d’Aubigné. Ce gentilhomme réformé fut écuyer d’Henri IV, mais aussi chef de guerre, historien, poète et écrivain. A la suite de sa participation au complot dirigé contre le Duc de Luynes, le favori de Louis XIII, il doit quitter la France et arrive à Genève.

Engagé pour diriger des travaux de fortification dans les cantons de Genève, Berne et Bâle, Agrippa d’Aubigné mûrit le dessein de reconstruire le château du Crest. Cette perspective n’enchante pas les édiles de la République qui ne tiennent pas à voir se dresser de nouveau un bastion fortifié à leur porte. Le Conseil de Genève lui accorde donc le droit de construire «une maison pour se garantir contre les larrons et les assassins».

Le poète outrepasse quelque peu les directives reçues et construit une place d’armes avec tourelles, meurtrières, pont-levis et fossé profond. La construction ne plaît pas beaucoup aux Genevois, mais Agrippa d’Aubigné assure qu’il sera un rempart contre les armées papistes. Afin de rassurer les magistrats en cas de siège, il invente un mystérieux procédé de communication, dont l’histoire à par malheur perdu le secret, qui lui permet de rester en contact avec la cité du bout du lac.

Agé de près de 70 ans lors de son installation au château, il se consacre pendant encore dix ans à l’écriture. Il publie à cette époque sa célèbre Histoire Universelle qui vient s’ajouter à une œuvre littéraire importante comportant, entre autres, Les Tragiques ou Les Aventures du Baron de Faeneste. L’écrivain baroque meurt en 1630 et le château passe dans les mains de la famille Micheli quelques années plus tard.

Les dei Moccidenti sont une famille patricienne de Lucques en Toscane qui font remonter leur lignée au XIIème siècle. Expatriés pour raison religieuse, ils arrivent à Genève aux environs de 1555 où il francisent leur nom. En 1637, Jacques Micheli acquiert la seigneurie du Crest qui est demeurée propriété de ses descendants jusqu’à aujourd’hui. Les châtelains jouent un rôle important dans la vie politique genevoise et nombre d’entre eux occupent des postes importants de la cité réformée. Cependant, le plus connu d’entre eux sera un ennemi de la République de Genève. Jacques-Barthélémi Micheli du Crest (1690-1766) compte parmi les brillants esprits de l’époque. Il invente un thermomètre universel et réalise un important travail de cartographie dans les Alpes. Homme politique et écrivain, il publie les Maximes d’un Républicain et critique ouvertement le plan des nouvelles fortifications. Cette prise de position lui coûte l’exil et lui vaudra une condamnation à mort par contumace. Toutefois, sa parenté conserve le domaine et le transmet de génération en génération jusqu’à nos jours. En 2005, le château continue à abriter la famille Micheli qui le gère par l’intermédiaire de la Fondation Micheli-du-Crest.

D’un point de vue architectural, le château ne subit aucune modification majeure jusqu’en 1880 où Marc Micheli-Ador entreprend d’importants travaux de rénovation et d’agrandissement. Malgré certains ajouts peu harmonieux, la demeure conserve l’aspect général de la gentilhommière d’Agrippa d’Aubigné.